Jean-Claude Novaro

Flacon paysage à bouchon
Cristal optique soufflé avec inclusions d émaux et de feuilles d or en intercalaire


Présentation

Il était une fois une antre fumante d'où émergeait un feu d'enfer. L'homme y plongeait une canne, pour la ressortir rougie, fumante. Alors de toute la force de ses poumons, l'homme donnait vie au sable fondu, insufflant des formes au verre naissant...

Ancestrale, la même méthode est toujours utilisée par Jean-Claude Novaro l'artiste-verrier sans doute le plus doué de cette deuxième moitié de siècle.

Peut-on encore présenter l'artiste-verrier Jean-Claude Novaro? Plus de 200 expositions dans le monde entier au cours des 30 dernières années, traduisent la réputation inégalée de l'artiste. Sur chaque continent on trouve ses oeuvres dans les musées et dans d'innombrables collections privées.

De lui on pourrait dire qu'il est un magicien possédant le pouvoir de transposer dans une oeuvre fragile et pleine de poésie, sa propre vision de la beauté pure. On pourrait dire encore, que grâce à Nano le talentueux, l'imaginaire devient palpable.

Du maître-verrier Jean-Claude Novaro, Nano pour les intimes, la critique internationale dit seulement qu'il est "incontestablement l'un des seuls vrais grands créateurs de cette moitié du XXe siècle". Les manuels d'art, commissaires priseurs ou critiques chevronnés le comparent à Daum, Gallé, Marinot ou Lalique. Louanges que l'artiste amusé d'abord, puis curieux a tenté de comprendre. C'est ainsi que, plusieurs années après avoir commencé à créer ses propres oeuvres et d'avoir rencontré un succès international, il s'est mis a étudier les grands maîtres de l'art verrier du début du siècle.

L'artiste

Jean-Claude Novaro est né dans le midi en 1943. De sa petite enfance il ne dit rien, il préparait alors sa vie d'artiste! Celle-ci débute pour lui à 14 ans lorsqu'il entre à la verrerie d'Eloi Monod, dont il deviendra plus tard le fils spirituel. Là, le presque enfant Nano, pénètre dans un monde qu'il est aujourd'hui seul à posséder. Au fil des ans, le jeune artiste va approcher le sable et le feu, maîtriser les matières, dominer ce verre translucide, magique et mystérieux qui file sous la flamme ou grossi sous son souffle. A 20 ans, Jean-Claude Navaro est maître- verrier et dirige une équipe de vingt-huit personnes. Il a déjà six ans de métier, une imagination débordante, une soif de création qu'il n'arrivera jamais à tarir. Il a le goût de la recherche et celui de la belle matière.

Inlassablement, il va mettre au point de nouvelles techniques, rechercher les meilleurs points de fusion pour ses adjonctions de couleurs, inclusions d'oxydes, d'émaux, d'or, d'argent. Très intuitivement il va inventer des procédés nouveaux et les développer. Ses oeuvres, il doit d'abord les rêver, puis les sentir grossir dans sa tête (il ne dessine jamais rien) et enfin, face au feu et muni de son souffle, les réaliser.

Déferlante, sa fantaisie s'attache à tout ce qu'il touche. Novaro ne sait plus lui-même combien de techniques nouvelles il a développées. Ni à combien de genres artistiques liés au verre il s'est essayé (il pratique également la peinture et la sculpture). Encore moins combien d'œuvre il a crées.

L'homme est plutôt timide, voire un peu sauvage. Ami de nombreuses personnalités du monde des arts et du spectacle, il sort rarement de son cadre de vie. Même pour remettre un trophée A2 à Alain Prost qu'il admire, il n'a pas osé affronter les feux de la rampe. Par contre, de nombreuses télévisions ont fait halte dans son antre, tout comme Pelletier, Haliday, Lalanne, le couple Berger-Gall, Line Renaud et d'autres moins connus. Certains ont même tenté de s'initier au difficile métier de souffleur de verre.

Affable et secret lorsqu’il s’agit de parler de son art, Nano est, dans la vie profane très réservé.

Les œuvres

Comme le personnage du roman de René David, « le grand Vulcan », Jean-Claude Novaro est un grand Vulcan volcanique qui souffle, hoquette, triture, meurtrit, tord, brûle, encastre, influe et insuffle vie à chacune de ses oeuvres.

Il faut sept ans pour souffler correctement dans une canne et pour couper le verre dit-il. Et aujourd'hui, lorsqu'on lui demande: combien de temps vous faut-il pour réaliser une oeuvre Sa réponse est simple et précise! Trente ans!

En effet, chaque geste requiert rapidité et précision. Parfois un dixième de seconde suffit pour réussir ou rater une pièce. Si techniquement ou esthétiquement, elle n'est pas exactement celle projetée dans sa tête, l'artiste ne s'en satisfera pas. Pour réussir selon les lois de la science et ses propres projections, Novaro doit parfaitement dominer la lutte avec le froid qui fige la matière. Réaliser une oeuvre d'art, dans les différentes techniques qui sont les siennes, tient parfois du miracle. C'est probablement la raison pour laquelle le mystère des oeuvres de Jean-Claude Novaro se transforme en fascination.

Ses compositions translucides, aux formes tourmentées ont souvent une apparence d'irréel. I1 s'en dégage une poésie secrète qui interpelle une imagerie abstraite. Génie des colorations, il les inclue en couches intercalaires dans l'épaisseur du verre, donnant ainsi à ses pièces des reflets uniques. Novaro crée des mondes gorgés de chaleur et de lumière. Le verre qu'il travaille est pur, épais et lourd. II est l'un des très rares artistes capable de souffler des pièces dépassant dix kilos. Sa capacité à obtenir des émaux et des oxydes à l'exacte nuance désirée et à l'endroit précis où il l'a projeté montre a quel point il domine la matière. Sans arrêt Jean-Claude Novaro repousse les limites de son art. Sa popularité ne l'influence pas, il ne s'arrête pas à Novaro qui se vend, il créé sans arrêt de nouveaux Novaro inventant les techniques, les colorations, les formes, les tailles.

Après des créations très compliquées, irisées et lumineuses un peu à la manière des maîtres du début du siècle, après les flacons paysages aux cordons irisés, après les sculptures, les monumentaux, les "oscars" ou plutôt les "novaro" pour le grand prix de la presse musicale internationale, Novaro continue d' inventer.

Ces dernières années, il a mis au point une technique très fragile consistant à inclure dans le verre des bulles teintées. Ses "bullés", un peu à la Marinot ont cédé la place ensuite, à des bullés plus lourds, extrêmement difficiles à réaliser. Enfin, dernière folie du maître, iI créé actuellement des visages et des têtes. Arriver à placer dans du verre en fusion, une bouche, des yeux, des oreilles avec chaque fois d'autres verres colorés, sans jamais laisser refroidir aucune des parties, est d'une complexité extraordinaire, La dextérité nécessaire à la réussite d'une telle pièce fera que, probablement les copieurs, qui depuis quelques années se pressent au portillon, seront certainement découragés…

Novaro est entré aujourd'hui dans le cercle très fermé des plus importants verriers du monde. Certaines de ses oeuvres sont prisées par les commissaires de chez Christie's, Sotheby's et à Monaco. La liste des Musées du monde ou galeries exposant une ou plusieurs de ses pièces, va de Paris à Séoul en passant par les Etats-Unis, le Japon, l'Australie et presque tous les pays d'Europe.

En atelier il est aidé par son frère et par un ami. Toutes ses pièces sont uniques, signées, et délivrées avec un certificat d'authenticité.

Dans ses nombreuses réalisations, la capacité du savoir-faire, son intuition restent la base de la réussite. Sans cesse renouvelées, toutes les techniques de Novaro sont impossibles à citer.

Esprit bouillonnant d'idées, à l'imagination créative débordante, toujours en éveil, toujours à la recherche de nouvelles techniques, Jean-Claude Novaro est un autodidacte qui ne doit rien à personne et qui forme des émules.

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