Antoine Leperlier

Vase des trois règnes
Pâte de verre


Démarche artistique

Espace indéfini où se déroule irréversiblement la vie, les existences, les événements, le temps occupe jusqu'à l'obsession l'esprit créatif d'Antoine Leperlier. Peintre, sculpteur, dessinateur, artiste-verrier. Antoine est à la recherche d'une forme d'expression dont la pérennité annihilerait la vanité de l'art face au temps et où, la beauté des choses transgresserait ce même temps dans l'espace. Idéologie ambitieuse, entièrement assumée par l'artiste. La pâte de verre, avec son histoire perdue dans les ténèbres du passé, avec ses techniques, ses mystères et son aura semble être par excellence le matériau adapté aux aspirations d'absolu d'Antoine.

"La pâte de verre enregistre et forme l'histoire tout en représentant en même temps, le processus d'enregistrement" dit Antoine Leperlier. Et d'ajouter "De mon point de vue, le verre caractérise l'espace mental dans lequel la mémoire s'inscrit. Il faut percer cet espace figé pour atteindre la vie passée". Peut-être est-ce pour cela que certaines oeuvres d'Antoine Leperlier s'intitulent "Temps arpenté", "Ombre d'un instant" ou encore "Profondeur de l'espace, Allégorie de la profondeur du temps". Parfois tranchantes, parfois nuancées, les teintes de certains objets ne sont pas sans rappeler la pierre. Quelques créations, en forme de reliquaire frappent l'esprit pour emmener celui qui veut bien s'y laisser conduire vers un imaginaire où l'espace est infini, où, en profondeur, un vide vertigineux vient heurter les mémoires.

Biographie

Né en 1953, Antoine Leperlier a été initié par son grand-père François-Emile Décorchemont aux techniques du verre et de la pâte de verre. Dès 1968 et jusqu'à la mort de son aïeul en 1971, il a, chaque fois que ses études et ses activités de peintre lui en laissait loisir, assisté son grand-père dans son atelier. Antoine ne quittera jamais vraiment la peinture passion première, mais, le verre et la pâte de verre font également partie de son vécu et en 1979, il choisi de rallumer les fours de son grand-père, rejoint un an plus tard par son frère aîné, Etienne Leperlier.

Le temps, l'espace, la mémoire, déjà se précisent en arrière fond de l'œuvre d'Antoine Leperlier. En 1980, il expose Janus dont le visage est à la fois tourné vers le futur et vers le passé. Attiré par les fouilles archéologiques, il recherche les symboles, les objets et les formes dont l'usage s'est perdu au fil des millénaires. Dès 1983, il se démarquera de l'héritage familial pour se tourner résolument vers des objets correspondant exclusivement à ses goût personnels. Transparence et luminosité apparaissent, de savantes recherches lui permettent de diminuer l'opacité de ses pâtes. Il créée d'extraordinaires flacons dans lesquels il emprisonne le temps !

A partir de 1982, Antoine Leperlier a exposé dans les Musées des Arts décoratifs de Paris, Nîmes, Düsseldorf, Lausanne, Lucerne, Bruxelles, New York, Los Angeles, Strasbourg, Sapporo, Osaka, ainsi que dans plusieurs galeries. On peut admirer ses oeuvres dans les collections publiques des musées, au Mudac de Lausanne, au Corning Museum of Glass, USA, au Musée de Sèvres, et celui des Beaux-Arts de Mulhouse, à l'Unterlinder de Colmar, au Hokkaido Museum of Modern Art au Japon, au Musée Ariana à Genève, et dans de nombreuses collections privées.

Concepts et matériaux

Art Contemporain et survivance des hiérarchies entre les arts

 « L'Art Contemporain, sous couvert de transcender le clivage traditionnel hérité de la Renaissance entre "arts majeurs" et "arts mineurs", réinstaure, en tant que genre institutionnel dominant, une dichotomie plus profonde entre un "art du concept" et un "art des matériaux" ou plus exactement entre ce qui est Art et ce qui n'est pas Art.
Le mode de production de l'Art Contemporain qui s'est établi sur la division des tâches entre concepteurs et réalisateurs, mime celui de la marchandise; contrôlé par l'institution culturelle qui se charge de sa "liberté d'expression"; il participe au renouvellement des modes de vie imposés par l'économie spectaculaire marchande.
Le travail artistique qui revendique quant à lui, une liberté de moyens, une autonomie et une approche sensible des matériaux, est exclu de l'Art au nom du dogme de son "Immaculée Conception". Ce dogme institué par la désublimation du geste de Duchamp, constitue le fondement d'une nouvelle hiérarchie entre les arts. »

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